
Rehausser la France au même niveau que ses concurrents. L'ambition devrait pouvoir bientôt se concrétiser, à entendre les chefs d'entreprise présents sur le campus d'HEC, à Jouy-en-Josas, où se tient depuis hier l'université d'été du Medef . Nombreux sont les entrepreneurs à saluer l'annonce de Bruno Le Maire sur la baisse de l'impôt sur les sociétés (IS), parue dans « Les Echos » ce mercredi . Annonce qui devrait être confirmée par le ministre de l'Economie, en clôture de l'événement.
Pour l'heure, la perspective d'une baisse de l'IS, de 33% aujourd'hui à 28% dès l'année prochaine pour les entreprises dont les bénéfices sont inférieurs à 500.000 euros, et à 31% pour toutes les autres dès 2019, pour finalement atteindre un taux de 25% pour toutes les entreprises d'ici la fin du quinquennat, réjouit particulièrement dans les allées du campus.
Certains veulent aller plus vite
« Une excellente nouvelle », pour Marc Hervouet, président de la Confédération des commerces de gros, qui réunit pas moins de 120.000 entreprises, des PME pour la plupart, à l'image des entreprises françaises. « 95% des entreprises en France sont des PME aux taux de marges très faibles, souligne-t-il. Elles seront directement touchées par la mesure. » De quoi leur permettre de consolider leurs marges, selon le chef d'entreprise, et de prendre le virage de la numérisation, ce que trop peu de petites et moyennes entreprises françaises ont fait.
Pour Thomas Abinal, à la tête d'une start-up créée il y a un an, dans le domaine de l'immobilier, cette annonce sonne comme un soulagement. « Mon entreprise est en phase d'envol, une baisse des impôts dans ce contexte, c'est crucial », assure l'entrepreneur.
Pour d'autres, la mesure ne semble pas aller assez vite. « Passer à 25 % de taux d'imposition sur les sociétés pour tout le monde, c'est une bonne chose. Mais cela aurait eu plus d'impact si cela avait été prévu pour tout de suite, en termes de marges de manoeuvre pour les entreprises, mais aussi en termes d'image, soutient Pascal Grégoire, président d'une PME dans l'informatique. Certains de nos voisins y sont déjà » « Dans le contexte du Brexit, c'est maintenant que la France doit être attractive, pas dans deux ans », abonde Jean-François Faure, dirigeant d'une start-up.
Les PME avantagées
Surtout, nombreux sont ceux qui regrettent que la mesure ne soit pas élargie dès l'année prochaine aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), et aux grandes entreprises. « On a fait beaucoup pour les PME. Les entreprises aux seuils intermédiaires sont, elles, beaucoup plus délaissées, or les ETI sont une de nos faiblesses en France », soutient Marc Hervouet. « On dira que les ETI et les grands groupes ont de l'argent et qu'ils peuvent se permettre d'attendre, certes, mais c'est aussi eux qui investissent le plus », souligne Pascal Grégoire.
Un constat que ne partage pas Eric Hayat, vice-président du groupe Sopra Steria, assis dans l'espace VIP du Medef, parmi les autres grands patrons. Pour lui, commencer par baisser l'IS pour les PME relève du « bon sens » : « Les PME, sont les entreprises qui en ont le plus besoin », rappelle-t-il. A condition que le reste suive, et que la réforme aille jusqu'au bout. « Ce qu'il faudrait surtout, ce sont des explications. On baisse l'IS, on augmente la CSG, les choix sont bons, mais il faut que ce soit expliqué au grand public, surtout dans un contexte de grogne sociale. »
Même son de cloche pour Jean-François Faure. « En tant que citoyen, je m'interroge : Est-ce qu'il n'aurait pas fallu créer des garde-fous pour guider les entreprises dans leurs investissements? On dira que c'est liberticide, mais il faudra être vigilent à ce que cette dérégulation n'aboutisse pas à des dérives », prévient l'entrepreneur. « Il y a un volet social, il ne faut pas l'oublier. Les petites structures vont investir dans du matériel, dans du personnel, mais les grands groupes qui ont une vision globale, avec des actionnaires globaux, seront plus portés à aller placer son argent là où cela rapporte le plus, et ça ne sera pas forcément en France. »
https://www.lesechos.fr/economie-france/social/030517420072-baisse-de-limpot-sur-les-societes-une-mesure-saluee-par-les-chefs-dentreprise-2110570.phpBagikan Berita Ini
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