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L'AIE propose 10 mesures pour se passer du gaz russe et accélérer la transition énergétique - La Tribune.fr

"Plus personne ne se fait d'illusions. L'utilisation par la Russie de ses ressources en gaz naturel comme arme économique et politique montre que l'Europe doit rapidement se préparer à faire face à de considérables incertitudes sur l'approvisionnement en gaz russe l'hiver prochain", a mis en garde jeudi Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

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Pour ce faire, l'AIE, qui est dans son rôle puisqu'elle a été précisément créée pour conseiller les pays de l'OCDE en matière de politique énergétique, propose un ensemble de 10 mesures pour réduire la dépendance au gaz russe dans le but de s'en passer définitivement à plus ou moins long terme. Le défi est de taille au regard des volumes en  jeu. En 2021, selon les données de l'AIE, l'Union européenne (UE) a importé 140 milliards de m3 de gaz de Russie par gazoduc et 15 milliards de m3, sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Ces 155 milliards de m3 représentent 45% des importations totales de gaz de l'UE, et presque 40% de sa consommation totale.

Recours au nucléaire

Pour diminuer ce volume, l'AIE préconise avant l'hiver prochain l'adoption de 10 mesures :

  • ne plus signer de nouveaux contrats d'approvisionnement de gaz russe
  • chercher des fournisseurs alternatifs, en particulier les Etats-Unis, l'Algérie, le Qatar, l'Azerbaïdjan pour un volume estimé à 30 milliards de m3, ce qui implique d'investir dans des infrastructures portuaires pour le GNL.
  • imposer à chaque pays un niveau minimum de stocks stratégique gaziers (comme c'est le cas pour le pétrole)
  • accélérer le développement des capacités d'énergie éolienne et solaire (économie de 6 millions de m3 de gaz)
  • augmenter la production d'électricité à partir du nucléaire et de la biomasse (économie de 13 millions de m3)
  •  fiscalité augmentée sur les bénéfices exceptionnels réalisés grâce à l'envolée des prix du gaz pour réduire la facture des ménages les plus vulnérables.
  • accélérer la substitution de pompes à chaleur aux chaudières au gaz (économie de 2 milliards de m3)
  • améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments (économie de 2 milliards de m3)
  • encourager les consommateurs à baisser leur thermostat de 1 degré (économie de 10 milliards de m3)
  • décarboner les réseaux électriques en diversifiant les sources.

Ce sont donc potentiellement 63 milliards de m3 de gaz naturel qui pourraient être retranchés des importations de gaz en provenance de Russie, soit quelque 40%. Autrement dit, l'hiver prochain, l'Europe dépendra encore pour 92 milliards de m3 du gaz russe, toutes choses étant égales par ailleurs.

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importations gaz russe

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Plus modeste, l'AIE vise une réduction de 50 milliards de m3, soit un tiers des importations russes, mais qui pourrait atteindre 80 milliards de m3 si l'UE acceptait de ralentir la réduction de ses émissions de CO2, en recourant au charbon à la place du gaz pour produire de l'électricité. Le plan intègre aussi la nécessité de reconstituer des stocks gaziers, qui sont à leur plus bas, en raison même de la décision de Gazprom de réduire ses livraisons cet hiver alors même que l'Europe traversait une crise énergétique, et subissait une envolée des cours du gaz. Sur le marché TTF des Pays-Bas, le prix du gaz a atteint ces derniers jours un sommet à 199 euros le mégawattheure. Sur un an, les prix ont bondi de... 930%.

Une opportunité pour décarboner l'activité en Europe

S'il s'agit donc de réduire les importations européennes de gaz russe, les propositions de l'AIE, comme l'a souligné Fatih Birol, s'inscrivent non seulement dans le cadre des sanctions à l'égard de Moscou mais sont aussi une opportunité pour accélérer la transition énergétique telle qu'elle est inscrite dans le "pacte vert pour l'Europe" qui doit être financé par un tiers des 1.800 milliards d'euros d'investissements du plan de relance NextGenerationEU et du budget septennal de l'UE. C'est d'ailleurs ce qu'a assuré Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, lors de cette présentation : « Plus que jamais, se débarrasser des énergies fossiles russes et des énergies fossiles en général est essentiel. Ce qui est en jeu, c'est à la fois la nécessité d'accélérer la lutte contre le changement climatique et, on le voit désormais, la sécurité énergétique à court terme du continent européen. Le plan en 10 points proposé aujourd'hui par l'AIE va enrichir notre réflexion."

Reste à savoir comment chaque pays européen va appliquer ces mesures.

Robert Jules

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