Search

GM&S: le tribunal valide la reprise par GMD

VIDÉO - Après plusieurs mois de rebondissements, et six reports de la décision, les juges du tribunal de commerce de Poitiers ont validé ce jeudi l'unique offre de reprise de l'équipementier automobile creusois.

Le «feuilleton» industriel de l'été vient de connaître son dénouement. Le tribunal de commerce de Poitiers vient en effet de statuer sur l'offre de reprise partielle de l'équipementier automobile creusois GM&S, placé en liquidation judiciaire depuis le 30 juin et a validé celle de GMD (Groupe Mécanique Découpage), dirigé par Alain Martineau. Il s'agissait de la seule offre ferme sur la table. Au total, 120 emplois sur 277 seraient préservés, un chiffre jugé insuffisant par les salariés. Lundi, la justice avait reporté pour la sixième fois sa décision sur l'offre de reprise de GM&S par GMD.

De leur côté, les salariés continuent de se mobiliser pour arracher un «mieux» sur l'emploi. «On continue la lutte, on va continuer à bloquer les sites PSA et Renault. Même quand le verdict va tomber, on va continuer à se battre jusqu'au bout», lançait mercredi soir Yann Augras, secrétaire du CE et délégué CGT, arrivé avec un car de salariés à Sept-Fons (Allier) dans l'intention de bloquer l'usine PSA. Mercredi, en début de soirée, une soixantaine de salariés avaient monté des tentes à proximité du site PSA et prévoyaient de rester sur place jusqu'à ce jeudi, jour du jugement. «On a les preuves aujourd'hui que la casse de la Souterraine (où se trouve l'usine GM&S Industry) était planifiée depuis 2014. Alors aujourd'hui, on ne lâche rien», a poursuivi ce délégué CGT de GM&S.

Les salariés de GM&S se sont livrés ces jours-ci à un baroud, après le blocage de PSA-Poissy mardi à l'aube et le blocage avorté à Renault-Flins mercredi. Ces deux constructeurs automobiles étant leurs principaux clients.

Un dossier très politique

Parallèlement, les syndicats entendent se battre sur «l'indemnisation des blessés» - comme ils ont baptisé les futurs salariés licenciés - notamment concernant les indemnités extra-légales (ils réclament 75.000 euros par licencié), la formation et le reclassement d'un personnel ayant plus de 50 ans de moyenne d'âge. Pour la CGT, l'État «ne mesure pas l'échelle du cataclysme» de 157 emplois perdus dans un bassin industriel - la Creuse - dont GM&S était jusque-là le deuxième employeur privé.

Les salariés jugent également que les garanties de commandes (22 millions d'euros annuels sur cinq ans et 15 millions d'investissement répartis entre l'État et les constructeurs) arrachées à PSA et Renault par Bercy ne sont pas un gage de la pérennité du site, en difficultés financières depuis des années après d'éphémères reprises. L'usine de sous-traitance mécanique ayant même compté jusqu'à 600 salariés en 1990. Ils se demandent également comment l'usine, spécialisée dans l'emboutissage, l'assemblage et la tôlerie, pourra continuer de fonctionner avec 120 salariés retenus par le candidat à la reprise au lieu de 277. Pour ceux qui continueront l'aventure, le syndicaliste Yann Augras s'interroge: «Pourquoi nous avoir choisi nous et pas nos collègues? Quels vont être nos conditions de travail à 120 personnes au lieu de 277? Et quel avenir?».

Enfin, le dossier GM&S reste éminemment politique. Les membres du gouvernement se sont en effet investis dans ce casse-tête social, industriel et territorial, pour éviter la liquidation pure et simple. En juillet, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'était notamment déplacé dans la Creuse et avait déclaré que «pas un seul salarié ne sera mis de côté». Plus tôt, en juin, le président Emmanuel Macron - fraîchement élu - avait rencontré des salariés, leur promettant de faire le «maximum» tout en rappelant qu'il n'était «pas le Père Noël».

Let's block ads! (Why?)

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/09/07/20005-20170907ARTFIG00049-gmamps-les-juges-se-penchent-de-nouveau-sur-l-offre-de-reprise.php

Bagikan Berita Ini

Related Posts :

0 Response to "GM&S: le tribunal valide la reprise par GMD"

Post a Comment

Powered by Blogger.