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Le nucléaire et l'hydraulique, les deux talons d'Achille d'EDF en 2017

2018, année du rebond pour EDF ? C'est le souhait qu'a exprimé ce matin le PDG Jean-Bernard Lévy lors de la présentation des résultats annuels 2017. Des résultats en trompe-l'œil qui permettent à l'électricien de sauver la face. EDF gagne toujours de l'argent. Son bénéfice net a progressé l'an dernier de 11% à 3,2 milliards d'euros. Mais c'est grâce au 4,1 milliards d'euros touchés lors de la cession de 49,9% du gestionnaire du réseau RTE. Pour l'excédent brut d'exploitation, la situation est plus claire. Il a plongé de 16% à 13,7 milliards, en raison, dixit EDF, de "l'érosion attendue de la consommation d'électricité en France". Le chiffre d'affaires a quant à lui décliné de 2% à 69,6 milliards.

Jean-Bernard Lévy a reconnu que 2017 fut une année "difficile". EDF qui a bénéficié en mars dernier d'une augmentation de capital de 4 milliards d'euros, dont 3 milliards issus de l'Etat, sort toujours plus d'argent qu'il n'en rentre, avec des tarifs réglementés qui ne couvrent pas ses coûts. L'an dernier, la production nucléaire a reculé de 1,3% à  379 terawattheures. Celle-ci a été "affectée par des indisponibilités techniques avec notamment les arrêts fortuits de longue durée sur Flamanville 1 et Cattenom 1et par des prolongations d'arrêts pour maintenance sur plusieurs réacteurs, a indiqué le PDG.  Et à l'arrêt provisoire subi (sic) des quatre tranches de la centrale du Tricastin demandé par l'Autorité de sûreté nucléaire". 

La production des barrages en berne

L’hydraulique a également souffert. L’année 2017 ayant été particulièrement sèche, la production des barrages a diminué de 12%. Ces deux phénomènes ont généré un manque à gagner de 504 millions d’euros. Autres facteurs préjudiciables à EDF : la fin des tarifs réglementés pour les entreprises et les collectivités et la chute des prix de marché de gros de l'électricité, conséquence de l'afflux des renouvelables. Hier, l’ex-monopole régnait en maître. Les opérateurs alternatifs n'avaient d'autres choix que de s'approvisionner auprès de lui au prix de 42 euros le mégawattheure. Aujourd’hui, ils le court-circuitent en se fournissant sur le marché spot. Et sur le marché des particuliers, EDF a été confrontée à l’afflux d’une dizaine de nouveaux acteurs, avec l’arrivée notamment de Total. Résultat, une hémorragie. EDF a perdu 600.000 clients en 2016, 960.000 en 2017. Soit 80.000 par mois.

Jean-Bernard Lévy se veut cependant optimiste. "2017 est un point bas" et "2018 sera l'année du rebond". Il y a un an, un tiers des 58 réacteurs français étaient à l’arrêt. En janvier dernier, "seulement" cinq. Le patron compte poursuivre le programme de cession et de réduction de coûts qu’il a engagé. Pour cette année, il vise un résultat d’exploitation compris entre 14,6 milliards et 15,3 milliards d’euros. Et pour la première fois depuis onze ans, un cash flow positif ou proche de zéro.

Accélérer sur les renouvelables ou maîtriser la dette ?

Reste qu’EDF, engagé dans le programme du grand carénage (46 milliards d’euros) et d’un vaste plan solaire de 30 gigawatts (25 milliards) est toujours contraint par de très lourds investissements (15 milliards d’euros cette année). Pour l’électricien, le plus dur sera de redevenir une entreprise "normale". C’est-à-dire une entreprise capable de couvrir ses dépenses d’investissement et d’exploitation et de verser à son actionnaire un dividende en cash sans recourir à des cessions d’actifs et à des augmentations de capital.

"Le pic d’investissement n’a pas vocation à perdurer", a indiqué Jean-Bernard Lévy. L’éventuelle diminution des investissements relève de la stratégie future d’EDF. L’électricien voudra-t-il continuer à accélérer dans les renouvelables et dans les services énergétiques ou préférera-t-il privilégier la maîtrise de sa dette, quitte à céder des actifs ? "Voilà le genre de débats que nous allons avoir avec notre actionnaire", confie Jean-Bernard Lévy. En attendant, EDF mise toujours sur le nucléaire. Le groupe a l’intention de prolonger son parc de centrales de 900 MW de dix ans à cinquante ans. D’après un expert du secteur, EDF obtiendrait ainsi "un résultat net après impôt supplémentaire de 600 millions d’euros".  Une pierre pour la soif.

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