
La mesure était en discussion au gouvernement depuis plusieurs jours... Elle vient d'être actée et annoncée par Matignon. Pour les "gros rouleurs", ceux qui sont obligés d'utiliser leur véhicule pour aller travailler, le Premier ministre a finalement choisi de faire un geste. Jean Castex a promis, ce mardi, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, une hausse de 10 % du barème de l'indemnité kilométrique, pour ceux qui déclarent les frais professionnels réels dans leur déclaration de revenus. Ils pourront déclarer davantage de dépenses de carburant, et payer moins d'impôts en compensation de la hausse du plein à la pompe. Selon le gouvernement, le gain s'élèvera en moyenne à près de 150 euros par foyer fiscal. Près de 2,5 millions de foyers fiscaux sont concernés.
La cible : l'infirmière libérale en zone rurale, l'artisan qui roule beaucoup
L'idée du gouvernement est d'accompagner en priorité, ces automobilistes, qui parfois n'ont pas bénéficié de la prime inflation de 100 euros, car ils gagnent plus de 2 000 euros par mois. Sont cités en exemple, l'infirmière libérale qui officie en milieu rural et qui parcourt chaque jour de nombreux kilomètres, ou l'artisan plombier ou électricien qui lui aussi ne peut se passer de son véhicule pour dépanner ses clients.
La mesure à priori écarte les personnes non imposables. Mais pour ces dernières, Bercy assure qu'ils bénéficieront cependant d'un coup de pouce, de façon indirecte. En effet, le barème de l'indemnité kilométrique de l'impôt sur le revenu conditionne aussi les barèmes des aides que les entreprises versent à leurs salariés pour l'utilisation de leur véhicule personnel dans un cadre professionnel. Autrement dit, ce geste gouvernemental devrait potentiellement inciter les employeurs à être plus généreux.
Un geste ciblé, facile à initier
Si le choix de relever le barème a été pris, c'est parce qu'il est nettement plus facile à mettre en oeuvre qu'un chèque ou une prime inflation. Pas besoin, en effet, d'un projet de loi de finances rectificative, qui aurait été impossible à trois mois des élections.
En revanche, si la revalorisation de ce barème fiscal n'est pas automatique, elle est prévue chaque année, en février. En général, elle correspond à l'inflation des prix à la consommation. Soit entre 1 et 2 % l'an dernier, assure Bercy. Ce qui amène le gouvernement à dire que l'aide annoncée par Matignon est nettement plus importante. Et plus rapide, aussi. Le relèvement du barème sera effectif dès cette semaine par un simple arrêté, promet le gouvernement.
Plus de 15 milliards d'euros déjà dépensés pour l'énergie
Présenté comme "complémentaire" aux mesures déjà prises pour aider les Français, ce dispositif fiscal du barème devrait coûter, selon les calculs de Bercy, plus de 400 millions. Face aux critiques autour d'une politique du chéquier qu'il actionnerait à quelques mois de l'élection présidentielle, l'exécutif se défend. Son impératif : vouloir "avant tout" protéger les Francais. "La situation est très évolutive. On observe depuis l'automne un prix particulièrement élevé des carburants. Des hausses qui se révèlent beaucoup plus élevées que prévues, nous sommes réactifs ", plaide Matignon.
En début de semaine, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, avait cependant écarté toute baisse des taxes (TVA notamment) : 10 centimes de baisse de taxes sur le litre de carburant coûterait à l'Etat, 5 milliards d'euros. Soit une dépense importante sans avoir l'assurance que les automobilistes s'en rendent bien compte en allant à la pompe. Et sans pouvoir différencier ceux qui roulent pour leur activité professionnelle et ceux qui utilisent leur véhicule pour leurs loisirs. Là, ce coup de pouce est ciblé, se félicite l'exécutif.
Entre le chèque énergie pour les plus modestes, le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz, ou encore la prime inflation de 100 euros pour 38 millions de Français, le gouvernement a déjà mis plus de 15 milliards d'euros pour amortir la hausse des carburants et de l'énergie. Avec cette nouvelle hausse, il alourdit encore un peu plus la facture.
Il n'empêche, "si la hausse se poursuivait, il n'écarte pas l'option de poursuivre son rôle protecteur", confie une source ministérielle.
Bisbilles au sein du gouvernement
Et tant pis, si l'adoption de cette mesure ne s'est pas fait sans susciter quelques débats au sein du gouvernement. Hier encore, par exemple, Bercy freinait des quatre fers, laissant entendre qu'il fallait déjà attendre le déploiement total de la prime inflation avant d'envisager un nouveau coup de pouce. Près de 20 millions de Français l'ont déjà reçue, les 12 millions de retraités qui y ont droit, devraient la percevoir cette fin de mois.
Mais alors que Bruno Le Maire et Jean Castex se voyait se mardi, décision a été prise. Le locataire de Matignon a tranché. Il se félicite : "Aucun autre Etat européen n'a fait autant pour ses concitoyens face à la flambée des prix des carburants".
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