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Airbus group : Pourquoi il faut suivre le salon aéronautique du Bourget et son impact sur la Bourse - BFM Bourse

(BFM Bourse) - Le Salon international de l'aéronautique et de l'espace (SIAE) ouvre ses portes aux professionnels ce lundi. Durant cet évènement prolifique tant en termes de commandes que de communications de groupes cotés, plusieurs points seront à surveiller.

Après quatre année d'absence en raison de la pandémie, le Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget (SIAE) fait son grand retour. Evènement phare pour l'industrie aéronautique et pour les médias spécialisés, ce salon ne doit surtout pas être négligé par les investisseurs.

Bank of America considère à ce titre que cet évènement pourrait constituer un catalyseur pour l'action Airbus, notamment au niveau de ses objectifs de production (voire plus bas). La banque rappelle que ces grands salons aéronautiques s'accompagnent traditionnellement de nombreuses communications pouvant propulser les avionneurs.

"Il y a toujours une accumulation d'annonces lors de ce salon. Au niveau des commandes, évidemment, mais pas seulement. Tous les grands acteurs sont présents et communiquent beaucoup, certains d'entre eux organisant des mini-journée-investisseurs", rappelle Chloé Lemarié, analyste du secteur aéronautique Europe chez Jefferies.

Voici un tour d'horizon des principaux points à surveiller en Bourse.

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>Des commandes (évidemment) en pagaille

Nombre de commandes pourraient être dévoilées et/ou confirmées lors de ce salon habituellement gros pourvoyeur de contrats. Il est toujours difficile de les comptabiliser réellement, car les avionneurs peuvent annoncer différents types d'engagements allant de la simple exercice d'une option, à la commande ferme en passant par la déclaration d'intention, le protocole d'accord, les conversions d'un modèle à un autre, ou les droits d'achats. Ou tout simplement dévoiler l'identité d'un client dont la commande était déjà enregistrée dans le carnet d'ordres. Selon un décompte de l'agence Agefi-Dow Jones, en 2019, Airbus avait engrangé 363 appareils au total et Boeing moins de 300. Mais les commandes fermes ne s'élevaient qu'à 149 Airbus et à 20 pour le groupe américain.

La récolte pourrait être plus impressionnante lors de cette 54e édition du Bourget. La méga-commande Turkish Airlines allant jusqu'à 600 avions ne surviendra vraisemblablement pas lors de ce salon car elle dépend d'une décision du gouvernement turc attendue dans deux mois, rapportait Reuters la semaine dernière . Toutefois nombre d'informations de presse ont fait état d'autres gros contrats à venir, dont une partie au moins devrait se concrétiser lors du salon. C'est le cas par exemple d'une commande gros-porteurs d'Emirates, d'une méga-annonce de la compagnie indienne IndiGo (500 monocouloirs évoqués) ou d'importantes commandes de la part de Japan Airlines et sa concurrente All Nippon Airlines. Bank of America recense également des articles évoquant des contrats de la part de Finnair, Riyadh Air, Vietnam Airlines ou Pegasus Airlines.

Toutefois le marché a déjà bien conscience de la vigueur de la demande sur les avions de plus petites tailles et l'attention pourrait se porter davantage sur les plus gros appareils. "Sur les monocouloirs, les carnets de commandes des avionneurs sont vraiment remplis. Je vois davantage de catalyseurs au niveau des gros-porteurs, où de nouveaux contrats pourraient permettre d'avoir une meilleure idée sur les montées en cadence de la production d'Airbus et Boeing sur ces programmes, et donc de leur levier opérationnel", explique Chloé Lemarié, analyste chez Jefferies.

"A l'heure actuelle Airbus est proche de l'équilibre financier sur l'ensemble de ses programmes gros-porteurs (A330, A350)", rappelle-t-elle.

"Au-delà des commandes d'avions il sera intéressant de voir celles des moteurs alors que le GTF de Pratt&Whitney (P&W) connaît actuellement des difficultés. Il sera ainsi intéressant de voir quels contrats pourrait annoncer P&W d'une part et CFM International [coentreprise de General Electric et Safran, NDLR] d'autre part", poursuit l'analyste.

Rappelons que P&W, qui appartient à l'américain Raytheon Technologies, est le concurrent direct de CFM International pour équiper les A320 Neo d'Airbus.

> Les commentaires sur la chaîne d'approvisionnement

Bank of America le résume bien: "la question qui se posera lors du salon ne sera pas celle de la demande, mais plutôt celle de l'offre". "Avec l'ensemble de l'industrie réunie à l'aéroport du Bourget nous aurons une meilleure connaissance de la trajectoire de la reprise, des taux de production d'avions à court et moyen terme, ainsi que les pénuries éventuelles", poursuit la banque.

Ce sera notamment l'occasion pour Airbus de faire le point sur l'état de sa chaîne logistique qui pâtit de divers soucis, que ce soit au niveau des recrutements ou des pièces. Ce qui freine la remontée en cadence de sa production et donc ses livraisons d'avions, le moment où un avionneur reçoit l'essentiel du cash lié à la vente. Le groupe européen tiendra mercredi une conférence avec les investisseurs.

"Ce sera LE grand sujet que le marché suivra pour Airbus. Toute la question sera de savoir où en sont les tensions et quel sera le temps de résolution des difficultés sur la chaîne logistique et si la direction confirmera la date à laquelle elle vise un rythme de 65 avions de la famille A320 produits chaque mois, soit d'ici fin 2024", expose Chloé Lemarié.

"Pour l'heure, la communication du groupe sur ces difficultés n'est pas évidente à lire. Quand on écoute les motoristes, les tensions sur la partie chaudronnerie s'améliorent un peu alors qu'on entend des sons de cloches plus prudents sur d'autres produits comme les intérieurs de cabines. Par ailleurs, il existe encore des difficultés sur certains composants électroniques", développe-t-elle.

Les livraisons de mai, publiées la semaine dernière, se sont toutefois révélées encourageantes, crédibilisant l'objectif annuel de la société européenne, de 720 unités.

Bank of America s'attend à ce que le groupe réitère au Bourget l'ensemble de ses objectifs de production pour les monocouloirs et les gros porteurs.

"Nous considérons qu'il s'agit d'un point particulièrement important pour le scénario haussier à moyen terme sur l'action Airbus, car l'augmentation des taux de production est essentielle pour accroître les marges (grâce à l'effet de levier opérationnel) et améliorer la génération de flux de trésorerie libre. Ce dernier point est également crucial pour permettre à Airbus d'atteindre une position de trésorerie nette de plus de 10 milliards d'euros, ce qui, une fois atteint, devrait permettre de procéder à des rachats d'actions", explique la banque.

Précisons que Boeing n'est pas non plus épargné par les difficultés, le groupe américain ayant notamment signalé en avril des problèmes d'un de ses fournisseurs d'éléments de fuselage qui pénaliseront les livraisons et la production à court terme. Le directeur général du groupe américain, Dave Calhoun, a récemment estimé que les tensions logistiques du secteur pourraient perdurer l'année prochaine, voire, estimait-il, jusqu'à la fin de l'année prochaine.

> Le programme A220 d'Airbus

Ce point est spécifique à Airbus. Les analystes financiers attendent l'annonce du lancement d'une version allongée de l'A220, un programme de monocouloirs qu'Airbus avait repris en 2018 au canadien Bombardier Transport, lorsque cette gamme d'appareils portait encore le nom de CSeries. Cité par Reuters, un porte-parole d'Airbus a toutefois écarté le mois dernier l'idée d'une annonce lors du SIAE, reprenant toutefois la déclaration du "super VRP" du groupe, Christian Scherer, qui avait indiqué que la question était "quand" cet avion serait lancé et non pas "si" il serait lancé.

"Bien qu'Airbus ait déclaré publiquement qu'il ne prévoyait pas de lancer l'A220-500 [la potentielle version allongée de l'appareil, NDLR] au salon du Bourget, nous nous attendons à ce qu'il devienne un élément de plus en plus important du marché", juge Bank of America.

"Airbus ne devrait pas annoncer tout de suite le lancement d'une version allongée de l'A220 mais pourrait donner des indications sur les conditions que le groupe attend pour lancer cette version. Une telle décision donnerait davantage d'envergure à cette famille en la plaçant sur le créneau des 170 sièges", considère Chloé Lemarié.

D'autres sujets sont sur la table pour ce programme, pour l'heure déficitaire et dont le seuil de rentabilité devrait être franchi vers le milieu de la décennie, selon les projections d'Airbus.

"Airbus vise une production mensuelle de 14 avions par mois d'ici le milieu de la décennie, mais pour l'heure le carnet d'ordres sur l'A220 n'est pas assez garni pour justifier cette montée en cadence. Ce alors que le moteur GTF - celui de Pratt & Whitney, le seul choix pour équiper l'avion - connaît actuellement des revers", souligne Chloé Lemarié. Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, a d'ailleurs récemment déclaré à Aviation Week, qu'il était favorable à ce qu'un deuxième type de moteur puisse équiper l'A220, à terme.

"Il faudra donc surveiller ce que dit Airbus sur le niveau de demande et sur la potentielle nouvelle version allongée", conclut l'analyste de Jefferies.

Julien Marion - ©2023 BFM Bourse

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