
Cette fois, ce ne sera pas pour augmenter leurs rémunérations, mais pour préserver leur organisation de travail que plusieurs syndicats de contrôleurs aériens ont déposé un préavis de grève pour le lundi 20 novembre. Comme à chaque fois, la direction générale de l’aviation civile (DGAC) a enjoint les compagnies aériennes d’« abattre », c’est-à-dire de réduire leur programme de vols de 25 % sur les aéroports d’Orly et de Toulouse-Blagnac, mais seulement de 20 % sur les plates-formes de province à Bordeaux-Mérignac et à Marseille-Provence.
Ces organisations représentatives, mais minoritaires, appellent les contrôleurs aériens à la grève après que les députés ont adopté, mercredi 15 novembre, une proposition de loi qui obligera les aiguilleurs du ciel à se déclarer grévistes au minimum quarante-huit heures avant le début d’un conflit social. Avant l’Assemblée nationale, le Sénat avait déjà voté, en juin, une proposition du sénateur Vincent Capo-Canellas (Union centriste) pour mettre les contrôleurs au même niveau que les autres salariés du transport aérien. En vertu de la loi Diard de 2012, ces derniers doivent se déclarer individuellement grévistes 48 heures avant le démarrage d’un mouvement.
La proposition de loi est le résultat d’une certaine exaspération des usagers et des professionnels relayée par les parlementaires. En effet, le conflit du 20 novembre sera le 53e jour de grève observé par les contrôleurs aériens depuis le début de l’année. En Europe, la France fait figure de championne toutes catégories. Depuis 2005, les aiguilleurs du ciel ont cumulé 249 jours de grève. Un record en comparaison des 44 journées de grève des contrôleurs en Grèce ou des 34 jours en Italie au cours de la même période. Sans commune mesure surtout avec les autres pays du Vieux Continent qui ont subi moins de dix journées de grève de cette profession en dix-huit ans.
Allongement des vols
Pour les détracteurs des aiguilleurs du ciel, outre les conflits à répétition, ce sont les motifs de ces mouvements qui ne passent pas. Ainsi, à l’instigation notamment de la CGT, les contrôleurs ont été appelés à faire grève pendant le mouvement contre la réforme des retraites. Pourtant, le régime particulier des contrôleurs du ciel n’était pas en cause et ces derniers peuvent prendre leur retraite à partir de 54 ans contre désormais 64 ans pour la grande majorité de salariés.
Ces dernières années, les compagnies aériennes françaises et européennes s’étaient régulièrement élevées contre la multiplication des journées de grève. Bien que très peu suivies, elles obligeaient, à chaque fois, la DGAC, à demander aux compagnies aériennes de réduire le nombre de leurs vols. Une procédure coûteuse pour Air France et ses homologues.
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