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SNCF en direct : posez vos questions sur les leçons à tirer de l'adoption de la réforme ferroviaire

Ce tchat est à présent terminé. Merci à toutes et à tous de l'avoir suivi et d'y avoir participé à travers vos nombreuses questions. Pour en savoir plus sur la réforme ferroviaire, retrouvez tous nos contenus sur Lemonde.fr

Allons-nous connaître une hausse des prix des billets à la suite de cette réforme ? Et pouvons-nous espérer une amélioration significative de la qualité des infrastructures actuelles ?

-Anthony

Eric Béziat : Bonjour. En matière de prix, c'est difficile à dire. Si on regarde les exemples étrangers, italien et allemand, qui ont servi de modèle à notre réforme, le prix du billet de TGV devrait baisser et celui du train régional se maintenir, voire légèrement augmenter, en contrepartie d'une qualité de service améliorée. Quant aux infrastructures, un vaste plan d'investissement sur dix ans a été lancé, afin de régénérer un réseau qui a trente ans d'âge moyen (contre quinze ans en Allemagne). Mais cela va prendre du temps et il manque plusieurs milliards pour rénover l'intégralité des petites lignes. Les usagers du train vont donc devoir faire preuve de patience pendant une décennie.    

Que dit le commun des mortels hors cheminots ? Y a-t-il des sondages ? 

-Out

Eric Béziat : Bonjour. La SNCF a commandé de nombreux sondages d'opinion, en particulier auprès de l'IFOP. Le dernier, réalisé les 6 et 7 juin, indique que 62 % des Français et 69 % des clients considèrent que les mesures consenties pour réformer la SNCF vont dans le bon sens. Contrairement à 1995, on observe donc une déconnexion entre l'opinion et le corps social cheminot, qui est probablement aux deux tiers fortement hostile à la réforme.      

Matthieu Goar : Je me souviens de cette chronique. Françoise Fressoz y expliquait que l'exécutif devait prendre garde de ne pas humilier les syndicats et les cheminots, bref que tout le monde devait sortir la tête haute. A la fin de ce conflit, on a plutôt l'impression que l'exécutif a manœuvré habilement (avec la question de la reprise de la dette) ou en jouant sur l'opinion (les usagers pris en otage) mais sans vraiment écouter les revendications syndicales. Laurent Berger, le patron du principal syndicat réformiste, la CFDT, ne cesse de critiquer ce gouvernement. Avec ce conflit, M. Macron a affaibli les syndicats alors qu'il a toujours évoqué l'importance des partenaires sociaux en allant même jusqu'à vanter la co-construction. Là, il a plutôt utilisé son pouvoir de façon vertical en jouant sur les rapports de force politiques et sociaux. 

Bonjour. Qu'est-ce qui pousse les syndicats à continuer la grève ? Pensez-vous qu'ils iront au-delà du 28 juin ?

-Larry57

Eric Béziat : Bonjour. Comme je le disais précédemment, les syndicats espèrent peser sur la négociation de la future convention collective de la branche ferroviaire. Sur la poursuite de la grève, ils sont divisés : SUD-Rail et la CGT envisagent de continuer le mouvement en juillet et même en août. Ils ne sont simplement pas d'accord sur les modalités de la grève. UNSA et la CFDT, de leur côté, ne souhaitent pas que la mobilisation perdure au-delà du 28 juin. Il convient de rappeler que la CFDT est un syndicat très représenté chez les conducteurs, qui sont les plus grévistes des agents SNCF. Leur retrait du mouvement amoindrirait fortement la mobilisation et signifierait sans doute la fin de la grève.        

Bonjour. Pourquoi les cheminots et les syndicats continuent-ils à poursuivre la grève, alors que la loi a été votée?

-Camille

Eric Béziat : Bonjour. Les syndicats entendent désormais peser sur la négociation de la future convention collective de la branche ferroviaire, dont ils espèrent faire un cadre social protecteur de haut niveau assez proche de leur « défunt » statut. La première réunion dite tripartite (car elle réunit syndicats, patronat et Etat) aura lieu demain au ministère des transports.      

Matthieu Goar : La "modernisation"  de la fonction publique, pour reprendre un terme très macronien est déjà en cours. Le 1er février, Edouard Philippe et Gérald Darmanin ont lancé quatre chantiers pour faire évoluer la fonction publique en utilisant un vocabulaire très entrepreneurial : recours aux contractuels, rémunération au mérite, plans de départs volontaires... Une façon de reprendre les codes du privé. La réforme qui se dessine est ambitieuse et a pour objectif in fine de réduire le nombre de fonctionnaires de 120 000 postes sur cinq ans. Les fonctionnaires ont déjà organisé plusieurs journée de manifestation. Sans faire dévier le gouvernement de sa route. 

Matthieu Goar : C'est l'une des inconnues de ce quinquennat où les réformes s'enchaînent. Va-t-il y avoir un moment une cristallisation et une coagulation des mécontentements? Ce printemps, il y a eu de nombreuses luttes sectorielles en parallèle du mouvement des cheminots (les Ehpad, Air France, des mouvements de retraités, des salariés en lutte dans des entreprises...). La CGT, comme Jean-Luc Mélenchon ont essayé de faire converger ces différents conflits, notamment avec "la marrée humaine" organisée par différentes formations de gauche, le 26 mai. Ces cortèges ont rassemblé du monde mais n'ont pas été assez massifs pour déstabiliser le gouvernement. Le gouvernement surveille l'humeur de la rue avec attention et la réforme des retraites sera un nouveau test. 

Matthieu Goar : C'est effectivement une victoire politique. Après les ordonnances travail de l'automne, Macron fait passer une nouvelle réforme majeure sans affronter une coagulation des fronts sociaux. En 1995, Alain Juppé avait lui échoué car de nombreuses luttes s'étaient agrégées à celle des cheminots. C'est un écueil qu'a su éviter ce gouvernement. Peut-être parce que les différents fronts sociaux sont beaucoup plus atomisés que par le passé. Mais aussi parce que Macron a été élu sur un logiciel plus libéral alors que Jacques Chirac avait fait campagne sur la fracture sociale. Pour le moment, l'Elysée et Matignon ne font pas de triomphalisme mais expliquent qu'ils répondent juste à l'envie de réformes des Français. Mais la SNCF était évidemment un test majeur. Maintenant, le président de la République a les mains libres pour avancer sur la réforme des retraites, le dossier majeur de la seconde année du quinquennat. 

Sur le front syndical, l'unité qui semblait prévaloir jusqu'ici semble se fissurer peu à peu. En effet, l’UNSA-Ferroviaire et la CFDT-Cheminots, les deux centrales dites réformistes, sont à couteaux tirés, et les désaccords de SUD-Rail avec les autres organisations demeurent criants.

Lire notre article : 

La mobilisation – la plus longue depuis trente ans – s’est poursuivie mercredi, mais elle semble avoir atteint son étiage, avec 12,78 % de grévistes recensés par la direction. Le premier ministre, Edouard Philippe, a appelé à la fin du mouvement, faisant valoir que « le gouvernement [avait] pris ses responsabilités, en indiquant que l’Etat reprendrait 35 milliards d’euros de dette ».

Bien que la ministre des transports, Elisabeth Borne, ait assuré avoir « mené cette réforme avec détermination et dans un esprit de dialogue », l’intersyndicale (CGT, UNSA, SUD et CFDT), de plus en plus divisée, entend poursuivre la « bataille du rail ». Elle a ainsi exhorté les cheminots à continuer leur grève alternée lancée le 3 avril (deux jours d’arrêt de travail tous les cinq jours) 

Lire notre article : 

SNCF : pourquoi la grève continue

Le Monde.frAvec des stratégies différentes, les quatre syndicats de cheminots ont choisi de prolonger le mouvement contre la réforme ferroviaire. Lundi sera le vingt-troisième jour du conflit

Le texte, remodelé par touches depuis des mois dans les deux chambres, prévoit de transformer la SNCF en société anonyme, d'autoriser l’ouverture du transport ferroviaire intérieur de voyageurs à la concurrence et de supprimer l’embauche au statut dans l’entreprise publique, et ce à compter du 1er janvier 2020. 

Lire notre article : 

Au terme d’un long processus législatif, le projet de loi « pour un nouveau pacte ferroviaire » a été entériné par le Sénat, jeudi en milieu de journée (245 voix contre 82), moins de vingt-quatre heures après son adoption en dernière lecture à l’Assemblée nationale (452 voix pour, 80 contre, 27 abstentions). 

Lire notre article : 

Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue dans ce tchat consacré à la réforme ferroviaire, qui vient d’être adoptée de manière définitive au Parlement. Nos journalistes Éric Béziat, chargé des transports, ainsi que Matthieu Goar et Nicolas Chapuis, chefs du service politique, répondront à vos questions en direct à partir de 14h30.

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https://www.lemonde.fr/economie/live/2018/06/14/sncf-en-direct-posez-vos-questions-sur-les-lecons-a-tirer-de-l-adoption-de-la-reforme-ferroviaire_5314958_3234.html

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