
La honte de voler ne fait décidément pas florès. Ce concept inventé par les soutiens de la Suèdeoise Greta Thunberg, et qui entend proscrire l’avion pour sauver la planète, ne convainc pas les candidats aux voyages aériens. Pas, par exemple, les sages Néerlandais, qui ont lâché leur vélo pour prendre en masse l’avion pour les vacances et ont plongé l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol dans un chaos indescriptible. Pas non plus dans les aérogares de Bruxelles, de Londres ou de Paris, qui peinent à recruter du personnel pour suivre le retour précipité des passagers dans les avions. Après deux ans de crise, le trafic aérien redécolle bien plus rapidement que prévu et, avec lui, le moral de toute une filière.
Mercredi 4 mai, Airbus a annoncé des résultats financiers record et un accroissement spectaculaire de sa production d’avions. Dans les trois ans qui viennent, le constructeur de Toulouse va augmenter de 50 % la cadence de fabrication de son modèle vedette, l’A320. Elle passera de 50 avions par mois aujourd’hui, contre 45 fin 2021, à 65 en 2023 et 75 en 2024.
Voilà un industriel qui ne semble pas effrayé ni par le son du canon aux portes de l’Europe ni par les pénuries en tout genre, des introuvables bagagistes de Schiphol au titane russe des moteurs à réaction. En dépit de la violence des éléments actuels, l’avenir s’annonce radieux, comme un ciel clair après l’orage. Guillaume Faury, le PDG d’Airbus en est convaincu, la demande est là pour longtemps. D’ailleurs, son carnet de commandes est plein à craquer. Plus de 7 000 avions lui assurent une visibilité sur cette décennie. Aussi a-t-il annoncé la création d’une ligne supplémentaire dans son usine américaine de Mobile, dans l’Alabama.
15 000 embauches prévues en 2022
Pour surprenante qu’elle soit dans le contexte actuel, et alors que la Chine, l’un de ses premiers clients, lutte toujours contre le virus, c’est une bonne nouvelle pour l’Europe et pour la France. Pour l’Europe, parce que l’aéronautique est en train de devenir le seul secteur de haute technologie dans lequel le Vieux Continent a réussi à surpasser les leaders américains. Le roi Boeing n’est pas sorti de ses difficultés, il perd autant de milliards qu’en gagne Airbus, et son carnet de commandes, d’un peu plus de 5 000 appareils, le tient en arrière de son rival pour pas mal de temps.
C’est aussi une bonne nouvelle pour l’industrie française, mal en point, comme en témoigne l’effondrement de la balance commerciale, ces dernières années. Conscient du danger, l’Etat n’a pas ménagé sa peine, ces deux dernières années, en débloquant plus de 8 milliards d’euros pour sauver une filière qui fait travailler près de 200 000 personnes dans le pays.
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