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Xavier Caïtucoli : Energie: « Protéger ses parts de marché avec des lignes Maginot n'a pas d'avenir »

Annoncée ce mercredi matin,  l'acquisition de Direct Energie par Total va animer  la concurrence dans la fourniture d'électricité et de gaz aux particuliers et aux entreprises. Xavier Caïtucoli, fondateur et PDG de l'énergéticien, décrypte pour « Les Echos » les recettes de Direct Energie.

C'est un mouvement naturel. Le marché entre dans une nouvelle phase et se transforme de plus en plus vite, en France comme en Europe. Il faut donc être de plus en plus gros et ambitieux. Nous avons de la croissance et nous venons la mettre au service de Total. Des ambitions plus élevées sont à notre portée et pour aller les chercher, ce rapprochement fait sens.

Jacques Veyrat est notre premier actionnaire depuis douze ans et par principe il ne ferme aucune option, il n'est pas anormal qu'il passe le relais. On pouvait faire seul et nous étions en chemin pour aller vers 4 millions de clients en 2020 mais avec Total, on peut faire plus vite et plus grand. La croissance commerciale nécessite du capital, tout comme le développement de la production d'énergie. On prévoit d'investir 400 millions d'euros dans une centrale à gaz à Landivisiau et on va mettre en service 200 mégawatts de capacités renouvelables cette année, avec l'objectif d'accélérer.

Nous avions, dès 2003, une vision sur l'intérêt de la concurrence et sur l'organisation du secteur. Tout le monde reconnaît que nous ne sommes pas pour rien dans la construction du paysage réglementaire actuel, notamment pour obtenir l'accès à un tarif réglementé sur la production nucléaire (Arenh, NDLR). Cela a d'ailleurs permis l'entrée de nouveaux acteurs, et c'est très bien. Nous avons également su investir à contre-cycle dans la production et nous avons bénéficié d'un actionnariat stable depuis 2006, avec Jacques Veyrat, Stéphane Courbit, Jean-Paul Bize et Luxempart quand nous avons racheté Poweo. Le conseil d'administration d'hier (17 avril, NDLR) était d'ailleurs empreint de mélancolie.

Il est prématuré de donner des détails sur l'organisation mais ce que m'a demandé Patrick Pouyanné, c'est de piloter la croissance du groupe sur le périmètre des activités de Direct Energie en France et en Belgique (y compris Lampiris et Total Spring, NDLR).

Ceux qui protègent leurs parts de marché avec des lignes Maginot n'ont pas d'avenir. Ma conviction est que la transformation du secteur est plus imminente qu'on ne croit et les acteurs qui existeront dans cinq ans seront ceux qui apporteront des services. La vente de mégawattheures n'est pas l'activité sur laquelle la marge va croître. Il faut qu'on incite le client à consommer moins, donc il faut lui apporter de nouveaux services pour que ce soit gagnant-gagnant. C'est pour cela qu'il faut être offensif, que ce soit sur la mobilité, les services énergétiques ou les innovations permises par le compteur Linky.

La France est entrée à reculons dans la concurrence mais il n'y a pas d'exemple où un marché s'est refermé. Il y a une équation à trouver pour EDF, mais cela regarde son actionnaire. Et son problème n'est pas la concurrence.

Le sens de l'histoire, c'est la fin des tarifs réglementés mais on n'en fait pas l'alpha et l'oméga de notre stratégie. Nous allons être en priorité offensifs par notre créativité et nos arguments commerciaux.

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https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301581825273-xavier-caitucoli-proteger-ses-parts-de-marche-avec-des-lignes-maginot-na-pas-davenir-2170118.php

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