
Les restaurateurs accueillent avec beaucoup d'amertume les annonces autour de l'élargissement de l'utilisation des titres de paiements salariaux à d'autres domaines que le leur.
S'il est une profession qui regarde avec beaucoup d'amertume les évolutions actuelles des débats autour de l'avenir des tickets-restaurants, ce sont bien les restaurateurs. Il faut dire que ce progrès social, créé en 1967, il en était les seuls bénéficiaires. Pendant longtemps.
Aujourd'hui, avec l'élargissement de leur utilisation, ils se considèrent comme les grands perdants. "Il y a beaucoup de restaurants qui travaillent avec les tickets-restaurants, notamment ceux qui proposent des menus et des plats du jour", rappelle Thierry Deniau, président régional de l'Union des industries et métiers de l'hôtellerie (Umih Occitanie).
"Entre 20% et 30% du chiffre d'affaires d'un restaurant"
Avec l'élargissement de leur utilisation, il y a "clairement un manque à gagner". Ces titres représentent, estime Alexandre Sylvestre, président des restaurateurs de Narbonne, à la tête de l'enseigne Chez Lulu, "entre 20% et 30% du chiffre d'affaires d'un restaurant qui ne fait que le midi".
Il considère que "ce qui est consommé en épicerie ne l'est pas en restaurant". Même s'il dit "comprendre le fait que des gens l'utilisent pour acheter des produits alimentaires", il n'empêche : "nous y perdons car ça nous enlève du chiffre d'affaires".
L'Umih Ocitanie contre la reconduction du dispositif
Certains, comme Matthieu Bataille, à la tête des restaurants Pinocchio de Nîmes et Avignon, font contre mauvaise fortune bon cœur. "La situation actuelle ne va pas changer, on en prend acte, ça ne me dérange pas que les gens utilisent les tickets-restaurants ailleurs que dans nos restaurants", lâche-t-il, fataliste.
Pour autant, il estime qu'il faut "limiter le montant des achats en grande surface", par exemple. Moins conciliant, Thierry Deniau pense qu'il "ne faut pas reconduire l'utilisation des titres ailleurs que dans les restaurants au-delà du 31 décembre". Ce serait alors "transformer les tickets-restaurants en titre-caddie".
Des commissions "élevées"
En fait, les débats autour du ticket-restaurant ont remis à la surface une autre revendication portée par les restaurateurs : la fin des titres en papier et la généralisation de la digitalisation des tickets-restaurants. "C'est ça le vrai problème aujourd'hui", martèle Matthieu Bataille.
"Entre les commissions élevées, entre 5% et 6%, sur les tickets papier, leur gestion et les tickets qui ne sont plus valides parce qu'on ne s'en rend pas compte, on est dans des manques à gagner permanents". Il réclame la généralisation des cartes de paiement, comme l'ont lancé des sociétés comme Swile, la start-up montpelliéraine.
La dématérialisation, le vrai cheval de bataille
"Ces cartes de type 'carte bleue' présentent un avantage : il n'y a plus aucune logistique, elles proposent une simplicité de gestion des titres-restaurants et évitent les arnaques que l'on subit actuellement", développe-t-il.
"Les tickets-restaurants papier ont cet inconvénient, c'est qu'ils ne font pas entrer la trésorerie directement dans les caisses des restaurants", insiste Therry Deniau. La dématérialisation, plus que l'élargissement, c'est le vrai cheval de bataille de la profession aujourd'hui.
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