Spectaculaire retournement de veste à Bercy. Après l’annonce lundi de la fin de la dérogation sur les titres-restaurants, qui permettaient depuis l’été 2022 d’acheter tout produit alimentaire, la fronde des salariés sur les salariés a contraint le gouvernement à rétropédaler. Mardi, la ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire a annoncé la prolongation de cette dérogation pour 2024. Et ce mercredi, Bruno Le Maire s’est déclaré ouvert « sur l’utilisation plus généralement de ces tickets pour acheter de la nourriture », sur Europe 1 et CNews.
« Est-ce qu’il ne faut pas utiliser le titre-restaurant de manière plus globale pour l’achat des produits alimentaires ? Est-ce qu’il ne faut pas changer cette dénomination qui induit un peu en erreur ? Avec une seule obsession, que ça corresponde aux attentes des gens », a déclaré le ministre. Nés à la fin des années 1960 en France, les titres-restaurants sont utilisés aujourd’hui par plus de cinq millions de salariés pour régler des repas ou des prestations alimentaires chez quelque 234.000 commerçants.
« Moins d’un ticket sur deux est utilisé dans les restaurants »
En septembre 2022, leur utilisation avait été étendue aux produits pas directement consommables sans cuisson ou préparation (farine, pâtes, riz, œufs, poisson, viande, etc.). Une réponse à l’inflation en pleine crise sanitaire et au début de la guerre en Ukraine. Mais plus d’un an plus tard, le pouvoir d’achat des Français ne s’est pas amélioré, avec une inflation à 8 % sur un an sur les produits alimentaires. Si bien que l’utilisation des titres-restaurants dans les supermarchés a progressé de trois à quatre points, selon la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR), confirmant une tendance à l’œuvre depuis plusieurs années.
Aujourd’hui, « moins d’un ticket sur deux est utilisé dans les restaurants », indique Franck Delveau, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) Île-de-France, sur le plateau de BFM TV. Alors que le titre-restaurant était à l’origine conçu pour soutenir les restaurateurs, ces derniers sont désormais frontalement opposés à une transformation en « titre caddie ». « C’est aux pouvoirs publics de proposer des dispositifs spécifiques avec par exemple, la création d’un chèque alimentaire », estime ainsi Franck Chaumes, président de la branche restauration de l’Umih.
Bagikan Berita Ini
0 Response to "Moins utilisés au restaurant, les titres-restaurants bientôt transformés en titres repas ? - 20 Minutes"
Post a Comment